Le chrétien dans la modernité

Mgr De Keysel “Plus qu’un vivre ensemble, c’est un construire ensemble qui doit interpeller"

 

 

 

 

Le presque cardinal De Kesel a analysé la place de la religion dans la société moderne aux Grandes conférences catholiques.

 

Mgr De Keysel


Entretien avec Christian Laporte dans la Libre Belgique du17/11/2016.


Un peu plus d’un an après sa nomination comme archevêque de Malines-Bruxelles, Jozef De Kesel recevra samedi à Rome le chapeau de cardinal.
Une belle consécration après un parcours d’évêque qui n’a pas esquivé ses responsabilités à Bruxelles, à Malines et à Bruges. Aux Grandes-conférences catholiques, il a développé sa vision de la place des chrétiens dans le monde sécularisé d’aujourd’hui. Il a accordé un entretien exclusif à “La Libre”.


  • A peine nommé primat de Belgique,

  •  vous voilà bientôt cardinal. Ce fut une surprise pour vous ?

    - Oui, très honnêtement, je n’y ai jamais pensé. Le pape François voulant une Eglise plus mondiale s’est logiquement tourné vers ses périphéries.
    J’avais déjà été très surpris l’an dernier par son choix pour moi car je pensais qu’il me laisserait terminer la remise en ordre à Bruges.
    Cela dit, je m’en réjouis car c’est une reconnaissance de l’Eglise de Belgique qui n’a pas eu la vie facile ces dernières années avec les affaires que l’on sait mais aussi parce qu’elle a résisté positivement à la sécularisation.

    - Diriez-vous qu’elle est entrée dans la modernité ?

    - Oui, dans
    une modernité positive. Il faut reconnaître la séparation de l’Eglise et de l’Etat car le temps où le catholicisme portait tout le poids
    culturel de la société est révolu. Mais les chrétiens sont toujours là et bien là…L’Eglise reste plus que jamais présente dans une société sécularisée qui,
    paradoxalement, devient de plus en plus spirituelle et multireligieuse.
    Le grand défi est de s’y intégrer par le dialogue. Plus qu’un vivre ensemble, c’est un construire ensemble qui doit l’interpeller.


    Là, je dis et je répète que
    l’Eglise ne peut pas être que catéchétique et liturgique. L’insertion et l’inscription dans le monde furent l’intuition profonde du concile Vatican II au XXe siècle là où au XIXe , l’institution se heurta à la modernité. Le pape François insiste beaucoup sur la nécessaire solidarité entre l’Eglise et l’histoire de l’humanité. En ce sens, il réactualise le concile…
    De Keysel 2
    - Votre nomination de cardinal est quand même aussi une suite logique de vos engagements successifs d’évêque dans des vicariats ou diocèses
    très marqués, dans des environnements pas toujours faciles.


    - C’est vrai mais comme point commun, il y a la nécessité pour l’Eglise et les chrétiens de ne pas rater le train de la modernité tout en restant très attachés à ses valeurs. La modernité ne peut pas apparaître comme un projet de substitution. Et donc les chrétiens doivent résister à la privatisation ou à la marginalisation de leur engagement, de leur foi, bref, ne pas se replier sur leur sphère privée. On ne peut se limiter à la préservation d’un patrimoine historique. Il faut tout mettre en œuvre pour se faire entendre dans la société.



  • C’est quand même paradoxal : on sépare l’Eglise et l’Etat et en reconnaissant ça, vous plaidez pour un engagement fort.

    - Entendons-nous bien. Le chrétien doit s’engager comme citoyen dans la liberté qui est la sienne. Car la liberté est aussi au cœur de la foi chrétienne. Regardez sa place dans les épîtres de Paul…

    -En même temps, le virage islamiste ne va pas nécessairement dans cette voie…

    Observons les religions positivement ! La question essentielle est de savoir si c’est la religion qui se radicalise ou si le radicalisme les instrumentalise. Le grand danger est que certains se sentent exclus. Le
    rôle des religions est surtout de ne pas en arriver là. Pour l’empêcher, il faut mettre fin à toutes les inégalités. C’est le projet papal d’une Eglise pauvre avec les pauvres, qui prend la défense des exclus, y compris sur le plan éthique. Il y a aussi le péril du repli individualiste. C’est une grande interpellation pour l’Eglise et pour toutes les religions. Nous devons prendre nos responsabilités face à l’avenir de l’Europe, sur la question des refugiés, sur le retour des nationalismes. J’ai beaucoup apprécié l’engagement commun des évêques français dans la
    perspective des prochaines présidentielles.

    - Visiblement, l’actuel Pape vous apprécie. On peut imaginer que ce soit réciproque ?

    - Je ne vais pas faire un hitparade de mes papes préférés. Tous m’ont aidé et renforcé dans mon action. Benoît XVI était un intellectuel brillant et un excellent enseignant là où François frappe par sa grande connaissance du terrain, a fortiori dans un pays et un continent où il faut réagir à toutes sortes de détresses. Dans François, j’avoue aussi retrouver l’aisance de Jean XXIII.

    - Quel message lanceriez-vous aux chrétiens de Belgique ?

    - De se focaliser sur le dialogue avec le reste de la société et que celui-ci soit positif. Il faut
    sortir de la dialectique du “eux” face à “nous”. La modernité ne réglera pas tout mais son don le plus précieux est de nous permettre de vivre libres en démocratie. On devient aussi citoyen par sa foi. L’Evangile est aussi une source d’humanité; il ne nous relie pas qu’à une vérité religieuse…

 

 

 

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17 avril 2017


 

En ce temps de Pâques, que nous puissions tous nous

éveiller 
à la lumière de la résurrection du Christ.


C'est la grâce de Jésus ressuscité qui nous éveille à la

vie au niveau de 
nore désir le plus profond.

Soleil de Pâques - Copie


Dieu attend le

 

oui de notre

désir.


"N'éveillez-pas
 


la bien-aimée

 

jusqu'à l'heure de son désir" .


Le désir de la Bien-Aimée est désirée par Dieu, c'est

la joie de Pâques !

Joyeuse fête!

 

Paul et Françoise

 

 

 

 

 

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